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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 11:10

‘’On entretient par la fauche et par le pacage tout le bas de la vallée. Si vous ne le fauchez pas, vous ne pouvez pas l’entretenir. C’est une façon de travailler et c’est une façon de vivre au pays.’’ 

Éleveur bovin, Oueil-Larbourst (31)


La manière dont les éleveurs tiennent et entretiennent la montagne conditionne pour une part non négligeable l’aspect des paysages d’aujourd’hui et des paysages de demain.

Se poser la question des manières de faire des éleveurs, de voir la montagne et de se représenter son travail en matière d’entretien des espaces pastoraux de montagne rejoint une question qui concerne l’action. Comment les éleveurs, toujours moins nombreux, travaillent aujourd’hui dans des paysages qui ne cessent de se transformer depuis un siècle ? Comment la fonction de production de l’élevage en montagne pourrait demain participer à entretenir les espaces pastoraux avec un nombre réduit d’éleveurs ?

Mon travail de recherche s’intéresse à cette notion d’entretien de la montagne à partir de ce qu’en disent les éleveurs ; à partir du sens qu’ils prêtent à cette notion et à partir du travail qui la réalise... Et à partir du paysage.

Faucher et faire pacager pour entretenir, c’est une façon de travailler et c’est une façon de vivre au pays explique cet éleveur. L’entretenir des éleveurs est une notion à géométrie variable : de l’un à l’autre, d’une vallée à l’autre, le sens de l’entretien diffère, comme le degré d’entretien des parcelles. Néanmoins, un dénominateur commun se dégage par le caractère englobant de la notion.

 L’entrée paysage qui est la mienne s’explique en effet par le caractère spatial du travail agricole qui s’inscrit dans les paysages. Si ce n’est pas l’entretien du paysage au sens esthétique du terme qui est recherché par les éleveurs, se dégagent néanmoins de certaines pratiques, des formes d’attentions sensibles au travail, à la manière dont il se donne à voir, mais aussi à la manière dont on peut en être fier. L’ensemble dessine des paysages à dire d’éleveur.

 

 

L'entretien de la montagn copie 

 

 

En haute vallée du Gave de Pau comme à Campan ou en Oueil-Larboust, derrière la paisible apparence des verts pâturages pyrénéens, c’est une diversité et une complexité qui se livre à l’analyse des paysages : diversité et imbrication des logiques d’utilisation des espaces pastoraux ; variété des motivations et des profils professionnels où l’éleveur n’est rarement qu’éleveur. Celui-ci, d’ailleurs, ne gère ni que de l’herbe ni seulement son troupeau.

La démarche ethnogéographique mise en œuvre s’intéresse aux sens et aux significations que l’éleveur attribue à ses pratiques les sachant pour beaucoup visibles dans les paysages et ainsi perceptibles aux regards d’autrui ; ceux des collègues voisins comme ceux de la société locale. Il est alors à supposer que les paysages pastoraux sont aussi composés d’attentions sensibles et d’attachement au « travail bien fait », qui font le « propre » et l’entretenu des paysages.

 

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  • : Le champ d’à côté dessine un espace de réflexion, de conseil et de projet en matière de paysages agricoles et ruraux. Son champ d’activité ? Le projet de paysage, l’enseignement et la recherche en paysage. Ses échelles de travail? Du jardin aux vastes étendues agricoles des paysages ruraux et péri-urbains Ses modes de travail? Une combinaison de méthodes: le parcours prolongé du terrain, l’exercice de représentation graphique, l’étude des pratiques sociales et des pratiques agricoles, l’enquête des perceptions paysagères et l’analyse diachronique des paysages. Entre travail de terrain et rencontre d’acteurs des paysages, entre analyses et partage de connaissances, entre dessin in-situ et propositions d’actions, entre recherche et projet, notre travail aborde ainsi le projet de paysages à travers champs.
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